J'aime pas les hommes gentils. J'aime les emmerdeurs. Ceux qui te disent non, qui te poussent à parler pendant des heures pour les décider à faire quelque chose dont tu ne te souviens plus à la fin. Ceux qui veulent avoir raison tout le temps même lorsqu'ils ont tort. Surtout lorsqu'ils ont tort. Les hommes gentils sont...gentils. Ils sont d'accord pour tout. Ils ne font pas de vague. Ils sont lisses. Agréables, toujours de bonne humeur, souriants, ouverts. C'est ennuyeux. Ils ont le bonheur trop évident. J'aime ceux qui ont un bonheur plus enfoui,plus profond. Et même, ceux qui n'ont pas de bonheur, ceux qui sont désespérés. Les hommes brisés, vaincus, dévastés. Parce que dans le vide désertique dans lequel ils sont plongés, il y a de temps en temps des tempêtes. Ces tempêtes sont de véritables explosions. On en prend plein la figure. On les découvre, peu à peu,un peu plus à chaque fois. On ne se sent jamais en confiance avec eux. On ne les connaît jamais "par coeur". Cette insécurité est délicieuse. Les femmes ont un désespoir différent, étant elles-même différentes de tout ce qu'on connaît. Elles ont le visage ravagé de noir,destiné à les embellir mais qui ne tient pas dans les torrents de leurs larmes. J'aime les gens désespérées, puisque je suis désespérée. Le désespoir ne fait partie du package que la société qui contient un bon boulot, un mari/une femme, des enfants,une maison avec un emprunt sous 50 ans. C'est pour qu'il dérange et me fascine. Les gens désespérés sont fascinants, de par leur désespoir mais aussi et surtout de par leur refus de faire partie de cette société prônant le bonheur obligatoire.